(BFM Bourse) - Le CAC 40 a pris 0,98% ce vendredi mais a rendu près de 1% sur l'ensemble de la semaine. Le président de la Fed, Kevin Warsh a déclaré que l’inflation reste la priorité immédiate de la politique monétaire.
La Bourse de Paris termine la semaine sur une bonne note. L'indice parisien a pris 0,98% ce vendredi 28 août, à 8.401,18 points. Sur l'ensemble de la semaine, le CAC 40 a cédé...0,98%, plombé par une journée particulièrement difficile jeudi, avec le retour des inquiétudes politiques et budgétaires en France.
Les investisseurs attendaient de pied ferme le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole, ce vendredi pour y déceler des indices sur la future la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Du "pain sur la planche"
Lors de son intervention, le nouveau président de la Réserve fédérale américaine (Fed) a estimé vendredi que l'inflation était "préoccupante" aux Etats-Unis et qu'il pouvait "difficilement" qualifier la politique monétaire de "restrictive". Ce qui laisse à la Fed une marge de manœuvre pour resserrer davantage sa politique si l’inflation ne recule pas.
"Une Réserve fédérale plus discrète et plus ciblée dans sa communication est mieux à même d'atteindre ses objectifs", a déclaré Kevin Warsh. La priorité du patron de la Fed est de ramener l’inflation à l’objectif de 2%.
"Nous devons être sûrs que l'inflation sous-jacente se rapproche de notre objectif, de manière claire et à un rythme suffisant. Sinon, nous avons du pain sur la planche. C’est notre travail […] notre mandat […] et la mission que nous devons remplir", a-t-il ajouté.
"Le ton général du discours est assez "hawkish" (restrictif). Kevin Warsh n’a pas directement laissé entrevoir une hausse des taux d’intérêt, mais a laissé entendre qu’une telle mesure pourrait se justifier si le processus de désinflation ne parvenait pas à s’accélérer", remarque Matéis Mouflet, Analyste de marché chez XTB
"Kevin Warsh a profité du symposium de Jackson Hole pour asseoir sa crédibilité en tant que champion de la lutte contre l’inflation, plutôt que de se positionner comme un communicant favorable aux marchés. Le message était le suivant : l’économie est solide, l’IA pourrait stimuler la croissance à long terme, mais l’inflation reste la priorité immédiate de la politique monétaire", abonde Christophe Boucher, Directeur des investissements chez Abn Amro Investment Solutions.
Dans la foulée des déclarations de Kevin Warsh, les marchés estiment à plus de 55% la probabilité d'une hausse des taux lors de la réunion de la Fed des 15 et 16 septembre, contre environ 35% la veille, selon l'outil CME FedWatch.
Une économie française qui frôle la récession
Ce vendredi, plusieurs statistiques françaises majeures étaient à l'agenda. Les prix à la consommation ont augmenté de 2,4% sur un an en août, après 2,1% en juillet, selon une estimation provisoire de l'Insee.
Le produit intérieur brut (PIB) français est quant à lui resté stable au deuxième trimestre, (+0,0%) au deuxième trimestre selon l'Insee, qui a annoncé vendredi avoir revu à la baisse sa première estimation, qui mesurait alors une croissance de 0,2% entre avril et juin.
"Ce chiffre nul cache cependant des mouvements contrastés et, surtout, une fragilité persistante de la demande intérieure. L’acquis de croissance pour 2026 n’est désormais que de +0,3 %, signe d’un premier semestre particulièrement faible", remarque Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l'analyse des marchés pour etoro. . "L'économie française a échappé de justesse à la récession. Les révisions à la baisse des chiffres du PIB confirment que l'activité économique a perdu davantage de dynamisme qu'on ne le pensait auparavant, ce qui rend les objectifs budgétaires du gouvernement encore plus difficiles à atteindre", avance Charlotte de Montpellier, économiste chez ING.
Lors d'une déclaration à la presse, Roland Lescure a confirmé que l'engagement du gouvernement de ramener le déficit public à 5% allait être "difficile" à tenir, notant notamment que les "recettes ne sont pas au rendez-vous".
C'est donc dans ce contexte d'inquiétudes sur la trajectoire des finances publiques tricolores que l'agence Fitch va réévaluer vendredi soir la note attribuée à la dette de la France.
Du soutien pour ID Logistics
Du côté des valeurs, Essilorluxottica a grimpé de 2,4% après avoir annoncé le lancement d'un programme de rachat d'actions, "portant sur l'achat d'un maximum de 5 millions" de titres.
ID Logistics a repris 4%, relancé par les commentaires positifs de TP ICAP Midcap qui réaffirme sa confiance dans le dossier après la publication de des résultats semestriels du spécialiste de la logistique contractuelle.
A noter que la pépite française du quantique Pasqal fait des débuts tonitruants à la Bourse de New York, flambant encore de 60% sur le Nasdaq.
Sur le marché des changes, l'euro recule de 0,5% face au billet vert à 1,1599 dollar en réaction aux propos de Kevin Warsh. Du côté du pétrole, celui-ci évolue en baisse; Le contrat d'octobre sur le Brent de mer du Nord recule de 0,4% à 88,18 dollars tandis pour le même mois sur le WTI coté à New York cède 0,4% à 83,16 dollars le baril.
